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>>Une petite maison au grand coeur

Maison d'accueilSituée à 50 m de l’entrée prin-cipale de l’hôpital, la Maison d’Accueil de l’HUDERF se veut un espace convivial où les parents d’enfants malades peuvent loger le temps que dure l’hospitalisation de leur enfant. Lieu de détente, d’écoute et de solidarité, elle offre aux familles un réconfort bienvenu, dans une ambiance sereine et un cadre agréable.

L'idée de la Maison d’Accueil est venue de parents qui avaient des enfants hospitalisés et étaient obligés de dormir dans leur voiture parce que toutes les chambres de l’hôpital n’étaient pas “mère-enfant”... Grâce à de nombreux sponsors et au soutien de la Ville de Bruxelles, le projet a finalement vu le jour en 2001. Infirmière de formation, Marie-Paule Hendrick est aujourd’hui la responsable de cette structure qui fonctionne toute l’année de manière indépendante de l’hôpital. “Il ne s’agit toutefois pas d’un hôtel: les parents ont des espaces de vie communs et sont responsables de l’entretien de leur chambre.” La Maison en compte 10 de deux lits avec sanitaires. Simples et fonctionnelles, elles entourent une baie vitrée qui donne sur l’école de l’hôpital. Par sa forme (circulaire) et ses couleurs chaleureuses (jaune, orange), l’endroit rappelle celui des origines: le ventre de la mère, où tout est calme et volupté...

20 plutôt que 10

La condition sine qua non pour profiter des services offerts par la Maison d’Accueil, c’est évidemment d’avoir un enfant hospitalisé à l’HUDERF. “Les parents en couple sont les bienvenus, mais si le besoin de place se fait sentir, on ne prend plus qu’un seul parent par enfant, de manière à ce qu’il y ait plutôt 20 enfants accompagnés d’un parent que 10 accompagnés de deux.” La durée de leur séjour à la Maison d’Accueil dépend directement du temps d’hospitalisation de l’enfant malade (en moyenne 15 jours).

Bénévole à l’écoute

Marie-Paule HenrickPour accueillir les parents et gérer la Maison, l’équipe se compose de 18 personnes, “toutes bénévoles, qui se relaient chaque semaine, pendant deux heures, aux différentes permanences”. Il s’agit pour la plupart de “mamies qui donnent du temps” et qui n’ont pas de formation particulière. En plus de l’accueil, le seul homme de l’équipe s’occupe également de la gestion administrative et financière de la Maison. Les nouveaux bénévoles sont parrainés pendant quelques semaines par la responsable afin de pouvoir faire face à toutes les situations. “L’essentiel de notre rôle, c’est l’accueil et l’écoute. Nous essayons de faire tout ce que nous pouvons pour que les parents se sentent bien... Tout en leur précisant que nous n’avons pas de compétences médicales! S’ils ont des questions à ce sujet, nous tentons de les orienter vers tel ou tel service de l’hôpital...” À la fois confidents, gestionnaires et hôtes, les bénévoles de la Maison d’Accueil pratiquent le dévouement comme un sport national. Et ils méritent bien une médaille!

Mode d’emploi

Au moment de leur arrivée à la Maison d’Accueil, les parents s’inscrivent et signent un texte par lequel ils s’engagent à céder un des deux lits s’il vient à manquer de place. La nuit (plus petit déjeuner) coûte 10 ou 17,5 EUR (pour une ou deux personnes). En cas de besoin, les parents peuvent toutefois s’adresser à l’infirmière sociale du service où leur enfant reçoit des soins, et bénéficier d’une réduction, voire de la gratuité du séjour. Une fois inscrits les parents reçoivent la clé de la Maison et de leur chambre afin de pouvoir aller et venir à leur guise de la Maison d’Accueil à l’hôpital, aussi bien de jour comme de nuit.” Ils disposent également de frigos et d’étagères dans la cuisine équipée commune, où “ils peuvent préparer leur repas quand ils en ont envie, avec leurs achats personnels”. Le salon, la salle à manger et la buanderie constituent les autres parties communes de la rotonde... Qui ressemble à un havre de paix miniature, une petite bulle où les parents attendent la guérison de leur enfant.

Le lien ombilical

Si la Maison d’Accueil jouxte l’hôpital, elle n’en est pas moins tout à fait indépendante. “Nous n’avons pas de contact direct avec lui parce que la Maison a justement été pensée comme un endroit où on est hors de l’hôpital”. Les parents bénéficient toutefois d’une ligne directe dans leur chambre, ce qui a un côté très rassurant: auprès de chaque lit, un combiné leur permet d’appeler l’hôpital, et vice versa... Mais le lien s’arrête là. Autant dire que “les enfants malades, même s’ils se trouvent à 50 m, ne viennent jamais loger ici. Il nous arrive d’accueillir le petit frère ou la petite soeur de l’enfant hospitalisé quand les parents arrivent en urgence, mais les bénévoles ne peuvent pas en assurer la garde. On peut les dépanner une ou deux nuits, mais ce genre de situation doit rester temporaire”. Pour les parents, la cohabitation se révèle en général très bénéfique. “Le véritable réconfort, c’est finalement entre eux qu’ils le trouvent: ils se soutiennent de manière extraordinaire!” D’avantage qu’un endroit où dormir à proximité de l’hôpital, la Maison d’Accueil offre ce qu’aucun hôtel ne proposera jamais: de l’écoute et de l’humanité, en des temps difficiles. Peut-on rêver plus belle preuve de solidarité?

:: L'accueil sans frontières :: Dans la foulée d'une convention signée entre la direction de l’HUDERF et la sécurité sociale algérienne, il est fréquent que l’hôpital accueille des enfants malades originaires d’Algérie, qui ne peuvent être soignés au pays à cause, notamment, du manque d’infrastructures spécifiques. La Maison d’Accueil héberge les parents de ces enfants. “On essaie toujours de mettre deux mamans algériennes dans la même chambre, afin qu’elles puissent communiquer dans leur langue. Si nécessaire les bénévoles font appel aux médiateurs interculturels de l’hôpital, qui peuvent aussi expliquer à ces mamans le fonctionnement de la Maison d’Accueil... Mais il n’y a jamais eu de problème, que du contraire: c’est la diversité qui enrichit l’échange.”

Auteur : Grégory Escouflaire
Source : Osiris News (n° 10, mars-mai 2008)