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>>Epidémiologie et dynamique de la flore commensale naso-pharyngée chez l’enfant

Le rhinopharynx de l'enfant est un écosystème complexe, comportant de nombreuses espèces bactériennes qui d'une part protègent en partie contre l'implantation de bactéries étrangères, et d'autre part constituent un réservoir des bactéries impliquées dans les différentes infections respiratoires.

Dans cette flore commensale de l’enfant, il est fréquent de retrouver des bactéries, pathogènes potentiels, comme S.pneumoniae, H. influenzae, S. Aureus, S. pyogenes et M.catarrhalis. Pour le Dr Anne Vergison (Huderf),"…la question qui se pose est de savoir pourquoi ces gènes peuvent être tantôt inoffensifs (porteurs sains), tantôt franchement pathogènes? La réponse peut venir des différentes influences que subit cette flore. Des virus peuvent par exemple interférer avec la flore commensale bactérienne et en modifier la composition. La vaccination peut aussi jouer un rôle; on sait aujourd'hui peu de choses sur l'impact des vaccins et en particulier les vaccins anti-pneumococciques conjugués, souligne le Dr Vergison. Enfin la prise d’antibiotiques extrêmement fréquente chez les enfants en âge préscolaire, constitue un facteur bien établi de sélection de résistance aux antibiotiques, mais peu d’études prospectives ont évalué la dynamique de cette sélection chez les enfants en bonne santé."

Une cartographie des pathogènes

Le projet du Dr Anne Vergison (Huderf) vise à récolter les données épidémiologiques auprès d"enfants d'écoles bruxelloises à discrimination positive (population mixte), et de ceux d'une école du Brabant Wallon. Ces enfants sont représentatifs de la population générale et il est important qu'ils soient en bonne santé. Pour le Dr Vergison, "…le projet permettra de dresser un bilan plus réaliste de la prévalence des différents pathogènes étudiés dans la population pédiatrique ainsi que de la prévalence des résistances aux antibiotiques pour les bactéries étudiées. Nous aurons aussi une image de la prévalence des infections virales chez des enfants à l'école maternelle." Cela devrait permettre de mesurer l'impact des différents facteurs étudiés sur ces germes de la flore commensale de l'enfant. En terme de santé publique, pour le Dr Vergison, "…les données pourraient permettre d’intervenir en connaissance de cause à plusieurs niveaux: la qualité des soins d'abord, qui pourrait être améliorée en ce qui concerne notamment la prescription rationnelle d’antibiotiques, les effets des politiques vaccinales ensuite, qui pourraient être évalués de façon plus objective y compris en terme de différences socio-économiques d'accès à la vaccination. Enfin, les différents facteurs épidémiologiques évalués pourraient aussi avoir des répercussions en termes de politique de prévention (tabagisme etc.)." Le projet visera aussi à concevoir des outils éducationnels pour les enseignants, de manière à faire passer des messages de santé à ces jeunes enfants.

Auteur : Cl. B.
Source : Le Journal du Médecin (n° 1824 du 23/03/2007) - ©Lejournaldumedecin.com

>>"225.000 euros pour la recherche clinique".