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>>Les évolutions du Résumé Clinique Minimum (RCM)

Le Dr Kanfaoui

Aujourd'hui, le financement des hôpitaux représente l'un des défis les plus complexes en matière de santé publique. Le Résumé Clinique Minimum (RCM), désormais intégré au Résumé Hospitalier Minimum (RHM), permet de fournir des données objectives afin d'orienter ce financement.

En Belgique, depuis 1990, tous les hôpitaux généraux sont tenus de fournir au SPF Santé Publique un Résumé Clinique Minimum (RCM). Ce document reprend le parcours de soin de chaque patient au sein de l'institution. Il est délivré aux autorités dans une optique de rationalisation des coûts. Résumé standardisé et concis du dossier médical, le RCM contient aussi des informations relatives à l'hôpital, au service médical concerné, aux données du patient (âge, sexe...), à la durée de son séjour, au diagnostic et aux différentes procédures qui lui ont été appliquées ainsi que les données sur l'encadrement par les soignants assurant les soins.

Des données synthétisées

Système de classification international ICD-9-CM

Pas question évidemment de faire de la littérature! Ces données sont synthétisées et codées grâce à un système de classification international dont on utilise à ce jour la neuvième version: le ICD-9-CM (International Classification of Diseases-9-Clinical Modifications). Les données sont ensuite transmises chaque semestre au SPF Santé Publique via une application online. "Ces renseignements sont groupés avec ceux de tous les autres hôpitaux du pays pour établir un tableau (case-mix) national déterminant la durée moyenne de séjour par pathologie. La justification du séjour s'établit sur base de ce tableau et des facteurs de co-morbidité qui accompagnent l'épisode de soins. Ils permettent aussi de calculer les coûts par pathologie. Toutes ces mesures visent à rationaliser le financement hospitalier", explique le Dr Abdallah Kanfaoui qui, en tant que Médecin-chef à l'HUDERF, veille au bon recueil des données par le personnel.

Quels sont les objectifs du RCM ?

"L'une des raisons d'être du RCM est d'abord de déterminer les besoins en équipement hospitalier de chaque hôpital. Ensuite, l'objectif est de définir les normes d'agrément qualitatives et quantitatives des hôpitaux et de l'ensemble des services. Le but est aussi d'organiser le financement des hôpitaux et de déterminer la politique relative à l'exercice de l'art de guérir. Enfin, le RCM permet de recueillir des éléments épidémiologiques facilement utilisables à l'échelle de l'hôpital", commente le Dr Kanfaoui.

Un outil en constante évolution

Mis en place il y a plus de 20 ans, le RCM a connu de nombreuses évolutions et adaptations au fil du temps. "Ces évolutions ont pour but de mieux rationaliser le financement face aux besoins des hôpitaux. Évidemment, comme les soins de santé deviennent de plus en plus coûteux, le système doit concilier au plus près les besoins et les financements (voir encadré). À chaque période correspondra sans doute une nouvelle façon de calculer les montants qui pourront être effectivement octroyés aux hôpitaux. "

Du RCM au RHM

Depuis 2008, le RCM a été intégré au RHM (Résumé Hospitalier Minimum), qui contient également les données du DI-RHM (Données Infirmières du Résumé Hospitalier Minimum) et du RFM (Résumé Financier Minimum). Le RHM permet au SPF Santé Publique de croiser l'ensemble des données disponibles afin de s'assurer qu'il n'existe pas d'anomalies ou d'incohérences dans la gestion du séjour. Outil de contrôle, le RHM est aussi un outil décisionnel, qui permet d'adapter la politique d'admission et la politique de financement de manière plus globale.
"Il s'agit d'une véritable photo de l'hôpital", commente le Dr Kanfaoui. La collecte de ces données et leur encodage au jour le jour représente pour le personnel hospitalier un surcroît de travail. "Oui, tout ce recueil prend du temps, beaucoup de temps", convient le Dr Kanfaoui. "Mais c'est une évolution de la médecine." Des chiffres et des lettres, nécessaires à la survie de l'hôpital.

:: Les poupées russes du RCM ::
>Il existe des milliers de codes de diagnostic pour le RCM.
>Dans un but de synthèse, le RCM utilise aussi des DRG (Diagnostic Related Groups), permettant d'identifier des groupes de maladies présentant une certaine homogénéité, tant sur le plan médical que sur le plan du coût des traitements. Il existe actuellement 600 DRG.
>Ces 600 DRG ont eux-mêmes été repris en 26 MDC (Major Diagnostic Category).
>Depuis 2002, la répartition DRG a laissé place à l'AP-DRG (All Patient Diagnosis Related Groups) qui rassemble les diagnostics en fonction de la gravité et du risque de décès, sur une échelle de 1 à 4.

Auteur : Julie Luong
Source : Osiris News (n° 30, mars-mai 2013)