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>>Clinique de l’Épilepsie de l’enfant et de l’adolescent

Le projet épilepsie à l’hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola est organisé pour fournir une détection et une prise en charge spécifique des patients épileptiques, pour des épilepsies rares ou réfractaires comme pour des épilepsies bénignes, grâce à une équipe multidisciplinaire (épileptologues, généticiens, neuropsychologues, logopède et ergothérapeute).

L’équipe mène des projets de recherche qui enrichissent cette prise en charge et poussent l’excellence de la spécialité au service des patients et des familles, en collaboration avec l’UR2NF-Neuropsychology and Functional Neuroimaging, Research Group at Center for Research in Cognition (CRCN) et avec le Laboratoire de Cartographie Fonctionnelle du Cerveau (LCFC)-Université Libre de Bruxelles (ULB).

Qu’est-ce que l’épilepsie ?

L’épilepsie est la maladie neurologique la plus répandue après la migraine, qui touche environ 1% de la population mondiale de tout âge et se manifeste, dans 50% des cas, avant l’âge de 10 ans. Il existe de nombreuses formes d’épilepsies, qui ont en commun la survenue de crises d’épilepsies. Les crises d’épilepsies sont en général brèves, soudaines et surviennent sans élément déclenchant. Elles résultent d’une activité anormale et excessive d’un groupe plus ou moins important de neurones, ce qui entraine une perturbation de certaines fonctions du cerveau comme la parole, la motricité, la vue et/ ou la conscience.

En quoi consiste la prise en charge ?

Une consultation permet au neuropédiatre d’investiguer le contexte et les caractéristiques de l’épilepsie, en posant toute une série de questions approfondies sur la grossesse, les conditions d’accouchement, les antécédents médicaux et chirurgicaux ainsi que les antécédents familiaux, l’âge de la première crise. Il évalue ensuite les étapes du développement psychomoteur et la scolarisation. Des examens complémentaires permettent d’étudier les formes d’épilepsie. Pouvoir déterminer avec précision le type de crise que connaît un enfant est primordial pour affiner le diagnostic, choisir le traitement adéquat et donner un pronostic précis aux parents.

Epilepsie bénigne ou réfractaire ?

Il faut savoir qu’il y a un grand pourcentage des épilepsies de l’enfant qui disparaissent naturellement avec la maturation cérébrale et qui ne nécessitent souvent pas de traitement car les crises sont très rares. Donc identifier ces cas d’épilepsie « bénigne» va nous permettre de rassurer les parents. A l’inverse, s’il s’agit d’une épilepsie réfractaire, c’est-à-dire dont les crises ne s’arrêtent pas malgré un traitement adéquat, identifier le type de crise va nous permettre de déterminer quel type de traitement est le plus adapté (médicamenteux versus chirurgical versus régime cétogène) afin d’améliorer considérablement la qualité de vie de l’enfant ou de l’adolescent.

Qu’est-ce qu’un EEG de longue durée ?

L’EEG conventionnel est l’examen de choix pour diagnostiquer l’épilepsie en enregistrant de manière continue et en temps réel l’activité électrique du cerveau. L’EEG de longue durée est un examen plus prolongé que l’EEG conventionnel associé à de la vidéo qui permet d’augmenter la probabilité d’enregistrer des crises ainsi que des comportements associés aux crises par l’enregistrement de l’activité électrique du cerveau de manière continue pendant plusieurs jours si nécessaire.

Grâce aux enregistrements vidéo-EEG de longue durée, nous pouvons non seulement enregistrer des crises d’épilepsie mais aussi repérer les décharges épileptiques intercritiques, survenant entre les crises d’épilepsie. Elles sont généralement plus abondantes et mieux visibles pendant le sommeil. Chez certains patients, des décharges fréquentes pendant le sommeil peuvent avoir un impact négatif sur la cognition et provoquer des troubles des apprentissages. Dans ce cas, on peut envisager un traitement pour également supprimer ces décharges.

L’examen nécessite une hospitalisation au sein de l’Unité d’exploration du Sommeil et de l’Epilepsie (salle 66).

Pourquoi mon enfant doit-il passer une IRM du cerveau ?

Certaines épilepsies sont causées par une lésion au cerveau. C’est la raison pour laquelle le médecin peut également être amené à demander la réalisation d’une IRM cérébrale. L’IRM permet de réaliser des images du cerveau en utilisant un champ magnétique et est sans danger pour l’enfant. Comme il est indispensable que l’enfant bouge le moins possible pendant l’examen il faut parfois endormir votre enfant lors de cet examen.

Quels sont les traitements de l’épilepsie ?

Pour supprimer les crises d’épilepsie, un traitement médicamenteux peut être prescrit. Il y a plusieurs médicaments antiépileptiques que le médecin choisit en fonction du type d’épilepsie, de l’âge du patient et de ses antécédents.

Vingt à 30 % des épilepsies sont réfractaires c’est-à-dire qu’il persiste des crises épileptiques malgré un traitement médicamenteux bien conduit. Les alternatives sont, selon les types d’épilepsie :

  • La chirurgie lorsque l’épilepsie est secondaire à une lésion cérébrale
  • Un régime alimentaire particulier, appelé « régime cétogène » qui permet au cerveau de fonctionner grâce aux graisses à la place du sucre. La mise en place et le suivi du régime cétogène sont encadrés par une équipe de pédiatres et de diététiciens spécialisés.
  • Le  stimulateur du nerf vague, qui est un dispositif qui va stimuler le nerf vague de manière régulière afin de réduire la fréquence et la sévérité des crises d’épilepsie.
  • La médecine de précision, qui grâce aux progrès de la génétique, va permettre de choisir un traitement spécifique à l’anomalie génétique identifiée dans les formes génétiques de l’épilepsie.
  • La participation active à des essais cliniques internationaux de médicaments antiépileptiques innovants en collaboration avec des sociétés pharmaceutiques. Grâce à une équipe spécialisée en recherche clinique, l’Hôpital des Enfants peut aussi proposer des solutions innovantes aux patients qui n’ont pas eu de réponse aux traitements actuellement disponibles.

Les crises d’épilepsie ne sont pas toujours l’élément le plus dérangeant chez l’enfant épileptique : l’importance des troubles des apprentissages !

Mêmes dans les épilepsies bénignes de l’enfant, les troubles des apprentissages sont plus fréquents que dans la population générale et peuvent avoir des conséquences importantes sur l’autonomie à l’âge adulte. Néanmoins, une identification et une prise en charge précoce de ces troubles peut aider à minimiser ses conséquences sur le long terme.

C’est la raison pour laquelle nous avons développé un programme unique de  dépistage et de prise en charge de ces troubles associés, appelés aussi co-morbidités. Dyslexie, dyspraxie et dysphasie sont plus fréquemment rencontrés chez nos patients épileptiques et grâce à une équipe de neuropsychologues, logopèdes kinésithérapeutes et ergothérapeutes hautement spécialisés, nous sommes à même d’offrir un  plan de soin adapté à chaque situation.

Cette prise en charge d’excellence se nourrit de plusieurs projets de recherche que nous développons en collaboration avec le centre de recherche en cognition et neurosciences (UR2NF) et le laboratoire de cartographie fonctionnelle du cerveau (LCFC)  de l’ULB.